es-Lieu de vie et de partage

07.08.2020

Actes 2v42-47

Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières. La crainte s'emparait de chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les apôtres. Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. Ils étaient chaque jour tous ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, louant Dieu, et trouvant grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Eglise ceux qui étaient sauvés.

LA PUISSANCE DE L'AMOUR QUI FAIT DES MIRACLES

Vivre la Famille de Dieu

Avant de quitter cette terre le Seigneur n'a laissé à ses disciples ni manuel d'organisation ecclésiastique, ni doctrine ecclésiologique ou éléments d'une théologie pastorale. Il leur dit : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13 :34-35). Il demande à son Père « qu'ils soient un comme nous sommes uns... et que le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé » (Jean 17 :22-23). Jésus a révélé à Pierre : « Je bâtirai mon Église ». C'est pourquoi cet apôtre est considéré par certains comme le maître d'œuvre de cette construction. Quelles directives donne-t-il aux chrétiens ? « Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle... » (I Pierre 2 :5). Comment s'édifier ? « Aimez-vous les uns les autres ardemment et de tout cœur » (I Pierre 1 :22). L'agent d'édification de l'Église ne réside ni dans la doctrine, ni dans les principes ecclésiastiques, mais dans l'amour : « L'amour édifie » (I Corinthiens 8 :1). C'est pourquoi nous trouvons si souvent l'exhortation « Aimez-vous les uns les autres » dans le Nouveau Testament.


Chaque fois que nous lisons l'expression « les uns les autres » (100 fois dans l'original), nous retrouvons un aspect de la communion fraternelle. Or les 4/5° des commandements accompagnés de cette expression se rapportent, soit à l'amour mutuel, soit à ses manifestations, soit à ses conditions : « Que les membres aient également soin les uns des autres, veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l'amour et aux bonnes œuvres, exhortez-vous, édifiez-vous, pardonnez-vous, supportez-vous les uns les autres...

Cet amour mutuel est un fruit (Jean 5 :11) et un signe (3 :14) de la nouvelle naissance. Dieu en attendait - en attend encore - la réalisation de la vocation essentielle de l'Église locale pour les croyants : l'édification, la croissance des membres du Corps - ce que nous attendons du seul pasteur. En effet, presque toujours, lorsque les apôtres parlent d'édification, d'exhortation, de cure d'âme, de confession des péchés, d'instruction même, ils le font dans le cadre de la communion fraternelle. Nous trouvons au moins une vingtaine de mots grecs se rapportant aux différentes fonctions : avertir, convaincre, corriger, enseigner, instruire, aider, recommander, donner un avis, stimuler, faire avancer, veiller... La diversité des nuances nous parle de la richesse de ces relations mutuelles : on s'adressait à son frère ou à sa sœur pour les faire progresser sur tous les plans en faisant appel à - son intelligence (instruire, avertir, enseigner) - ses sentiments (consoler, réconforter) - sa volonté (exhorter, stimuler, encourager). On voulait fortifier à la fois sa connaissance du plan de Dieu et sa vie de piété. Chacun se sentait responsable de la croissance spirituelle du membre qui faisait partie du même Corps...

La communion fraternelle répond d'ailleurs aussi - partiellement du moins - à la vocation de l'Église envers le monde (Jean 14 :35 ; 17 :23). Les relations nouvelles que les païens voyaient dans ce groupe honni et calomnié, les attiraient à l'Église : « Voyez comme ils s'aiment ». Le monde cherche, non une philosophie ou une doctrine, mais la démonstration vécue d'une vie transformée.

-Nous croyons que C'est de la communion fraternelle que l'Église et le monde d'aujourd'hui ont besoin.

 Nous avons, certes, nos Bibles, mais nous avons tous besoin, à certains moments, qu'un autre nous encourage à la lire, nous aide à la comprendre et nous exhorte à la mettre en pratique. Pour nous fortifier, il nous faut de l'exercice : nous devons travailler - avec les autres - à l'œuvre de Dieu. Là où la communion fraternelle est vivante et intense, les chrétiens grandissent et se développent harmonieusement presque tout seuls, un peu comme les enfants d'une famille nombreuse.

Le monde, de son côté, aspire à trouver un milieu où les liens humains soient solides et profonds. Plus l'organisation sociale se perfectionne, plus l'homme devient solitaire. Dans les « fourmilières » avec leurs grands ensembles, l'homme se sent de plus en plus seul. Chaque famille vit pour soi, connaissant à peine le nom du voisin et, au sein de la famille, chaque membre poursuit sa vie et ses activités propres. L'Église peut, sur ce plan, apporter un témoignage unique et convaincant. 

.